133 ans d’amitié à Nîmes : homélie de la célébration du 24 juin 2018

Homélie de Mgr Robert WATTEBLED, Evêque de Nîmes

Nous sommes dans l’action de grâce pour la présence des Sœurs, des Petites Sœurs de l’Assomption, les « Pernettes », pendant cent-trente-trois ans dans différents quartiers de Nîmes et tout spécialement ces derniers temps au Chemin-Bas d’Avignon. Nous rendons grâce pour leur présence et leur apostolat. Notre action de grâce se mêle d’une certaine tristesse : le départ, la séparation, la fermeture d’une communauté, le sentiment d’une évolution inéluctable… Car s’il y a bien un endroit qui pouvait faire valoir quelque titre à la présence d’une communauté, c’est bien ce « lieu source » qu’est Nîmes avec le souvenir du fondateur, le Père PERNET. Plus largement encore, nous avons peut-être le sentiment que la vie de l’Eglise en France est en train de se transformer. Nous avons aussi le sentiment que la prière pour les vocations doit s’accompagner d’une approche renouvelée de la réalité de l’appel du Seigneur à chacune et à chacun.
Par coïncidence, la date choisie pour cette célébration est celle du 24 juin où l’Eglise célèbre la nativité de saint Jean-Baptiste. La liturgie nous fait donc entendre des textes particuliers à cette fête et non pas les textes du douzième dimanche du Temps ordinaire. Arrêtons-nous donc à certains versets des passages bibliques que nous venons d’entendre.
 
Tels ou tels versets en effet éclairent à l’avance la vocation et la mission de Jean-Baptiste. Ils éclairent certains aspects de la mission de l’Eglise, ils éclairent aussi certains aspects de notre mission dans l’Eglise.
 
Je retiens ce verset : « Tu es mon serviteur, en toi je manifesterai ma splendeur », et le verset suivant qui traduit les sentiments du prophète : « Moi je disais : je me suis fatigué pour rien, c’est pour le néant, c’est en pure perte que j’ai usé mes forces ». Il nous arrive peut-être à certains moments de connaître un tel découragement. Peut-être pas au même degré ! Mais de toute manière il est compréhensible de pouvoir dire au Seigneur notre sentiment devant les limites de notre action, de nos œuvres, de nos services, de nos projets. Et nous entendons le Seigneur nous redire : « En toi je manifesterai ma splendeur ». De quelle splendeur s’agit-il ? Sinon de celle du don de soi-même, de la générosité discrète, bref de l’amour, de l’image de Dieu en nous-même. Il n’est pas besoin de détailler davantage pour percevoir que la présence, la simple présence déjà, et aussi l’apostolat des Sœurs est pour le Seigneur une façon de manifester sa splendeur au milieu de nous.
Plus loin le Seigneur ajoute : « Je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre ». Ici encore, la présence des Sœurs témoigne de cette ouverture de la mission du Christ à tous, pas seulement aux « usagers » de la paroisse, à ceux qui participent déjà à sa vie. Il s’agit vraiment de l’ouverture à tous, sans calcul, sans crainte, confiants dans la force du Seigneur qui agit dans notre faiblesse.
 
Nous rendons grâce pour le don de la vie consacrée et nous demandons au Seigneur de pouvoir continuer à en bénéficier, sous des formes nouvelles peut-être. Nous demandons de mieux accueillir notre propre vocation et de témoigner ensemble que Dieu ne cesse de « faire grâce » à notre humanité toute entière parce qu’il est, lui, splendeur de l’Amour, parce que Jésus est la Résurrection et la Vie maintenant et pour toujours.
 
Amen !
 
+ Robert WATTEBLED
Evêque de Nîmes
 
28/06/2018
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